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Je suis un jeune homme de 33 ans( pour l'instant!), et je viens de publier mon premier roman. Je compte sur votre enthousiasme pour lui permettre de prendre son envol...

Les vieux

Ils ont la peau creusée par les griffes du temps,
Leur esprit captivé par les voix du néant.
Ils sont l’ultime éclat de l’étoile infidèle
Précipitant sa traîne vers la nuit éternelle.
Ils s’approchent de la fin d’un pas devenu lent,
Et ne sont plus que des ombres encerclées de vivants.
Alors que tout s’agite autour d’eux dans un bruit incessant,
Que l’orgueilleuse jeunesse les nargue gentiment,
Ils se figent brusquement d’une moue grimaçante,
Et inscrivent du sang de leurs plaies purulentes :
Nous sommes le crépuscule de vos journées d’enfance
Le rappel bien présent de vos morts en puissance…

Voyage

Briser le flot des fausses certitudes,
Délivrer mon âme meurtrie par toutes ces habitudes,
Voyager dans le noir guidé par ton étoile
Ne plus entendre que le souffle de ton vent dans mes voiles,

Deviner dans tes yeux l’image des mondes radieux
Et y plonger sans peur d’un élan merveilleux,
T’emmener chevaucher l’insaisissable comète
Nous menant tous les deux par delà les planètes,

Cracher de très haut sur les flammes de l’enfer,
Envelopper tout ton être d’une douce lumière,
Décrocher de mon ciel la lune qui apaise
Pour qu’elle guérisse enfin les blessures qui te pèsent.

Du calme...

Je vous en prie offrez moi donc le calme,
Le nécessaire silence que demande mon âme,
Ne prenez pas tout l’air dont a besoin ma flamme
Pour réchauffer son cœur qui tant d’amour réclame,

Ne jugez pas l’élan de mon désir si fou
De me voir à ses pieds étendu pour toujours,
Paralysé d’amour par son regard si doux
Clignant juste d’un œil pour qu’elle fonde à son tour,

Dans le mur comme vous dites je veux y aller tout droit,
M’échouer violemment sur les récifs de sa peau,
Laissez moi me noyer dans les flots de sa voix
Vous reviendrez plus tard dépoussiérer mes os.

Remords

Faire le choix d’être agneau
Frôler la vie sans jamais la toucher
Tout peindre en rose car ma fois c’est si beau
D’avoir son corps dans un nid si douillet,

Eteindre les feux qui brûlent dans les recoins de l’âme,
Rythmer sa vie du plus lent des tempos,
Se rapprocher doucement des lueurs de la flamme
Puis reculer très vite en disant que c’est chaud,

Et un jour vers la fin du voyage,
Consumé lentement par la vie jusqu’aux os,
Quand se profilent au loin la mort et ses rivages,
Rêver pouvoir d’un geste tout reprendre à zéro.

Angoisse

Il y a des moments où le temps freine sa course,
Ralenti son élan en tirant sur les rennes,
Pendant que l’angoisse reprend vie à sa source
Et que le flux de mon sang s’accélère dans mes veines,

La vie se fige alors dans un sourire béat,
Observant d’un œil froid ce spectacle navrant
De mon âme noircie par la brûlure des mois
Qui passent et se succèdent dans un rythme trop lent

Tout mon être souffre alors de mille plaies béantes
Dévoilant mes entrailles offertes comme festin
A l’appétit glouton des remords qui me hantent
Laissant mon corps sans vie gisant sur le chemin.

Mort fine...

Ainsi vont les choses,
De la morphine à petites doses,
Des bouts de ciel au goutte à goutte
Des petits flashs éclairent la route

Dans ce voyage de l’existence,
Rempli du vide d’espaces immenses,
Parfois ondule à l’horizon
L’inaccessible étoile que nous suivons.

Insecte

Je suis le fragile insecte
Qui plonge vers la lumière,
Comme mes lèvres vers les tiennes,
Atteint d’une frénésie
Que la raison n’arrête,
Je suis le feu qui brûle
Les jours de sécheresse,
Et le témoin passif et amoureux
De ces petits désastres,
Qui remplacent un instant
La ronde des jours pluvieux.

Si reine...

Eternité de sentiments si éphémères,
Languir encore sous tes caresses
Illusoires, imaginaires, peut être amères,
Mais si palpable pour ma raison qui me délaisse.

Enivres moi encore de tes odeurs
Réveilles mes sens, mon corps, mon être
Souvenir errant de quelques heures,
A tout jamais tu es mon maître.

Petite sirène sertie d’éclats
Enchante et ruine en un instant,
L’image si floue que j’ai de moi,
Celle d’une ombre qui fuit le temps.
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